13 November 2018

Tajine



— T'as faim ?

11 November 2018

Lassitude

Je sens en moi une céleste lassitude.
Novalis, Hymnes à la nuit 

04 November 2018

Tennis

Le désirable

Nous avons suffisamment de raisons pour garder une attitude méfiante vis-à-vis de la vie. Elle a trompé tant de fois nos espoirs les plus chers ! Mais nous avons encore plus de motifs de nous méfier de la raison : si la vie a pu nous tromper, c'est uniquement parce que notre raison impuissante s'est laissé tromper. Il se peut même que ce soit elle qui ait imaginé ces mêmes mensonges que son amour-propre lui interdit maintenant d'avouer. Pour finir, s'il faut choisir entre la vie et la raison, on est prêt à donner la préférence à la vie ; alors on ne s'efforce plus de tout prévoir et de tout expliquer, mais on attend ; et l'inévitable devient le désirable.
Léon Chestov, La philosophie de la tragédie – Sur les confins de la vie

26 October 2018

24 October 2018

Sortie de placard

 Chèresssss lectricesssss, chersssss lecteursssss — j'inscris tous ces "s", vous sachant si nombreux —, vous qui me lisez depuis si longtemps avec ferveur, dévotion, avec un intérêt sans cesse grandissant, je dois vous parler aujourd'hui d'une conviction qui s'est lentement mais durablement ancrée en moi au fil de mes innombrables billets. Je parle, ici, d'un sentiment, d'une sensation que ma modestie, mon humilité naturelle m'interdisaient jusqu'alors de m'avouer. J'ai enfin compris qu'à la lecture des premiers mots écrits par mes dix doigts agiles vous aviez deviné ce que moi-même j'ai longtemps cherché à me dissimuler. Et pourtant, le jour est venu : il me faut avouer, confirmer vos premières impressions, celles qui deviendront pour vous, avec le temps, une conviction inébranlable, une vérité. Cette vérité que j'ai tant tardé à reconnaître ouvertement. Le jour est donc venu. Il est grand temps maintenant de vous annoncer que vous n'étiez pas dans l'erreur, que vous aviez vu juste, que désormais vous n'avez plus à en douter, car vous avez absolument raison : je suis un pur et sublime génie.

21 October 2018

Carotte



— Ma carotte !

20 October 2018

17

 Ne rien me demander avant la dix-septième heure.

15 October 2018

Amnésie

 Verser chaque matin une petite cuillerée d'Amnésie dans son café. Touiller lentement, le regard perdu dans le vide...

13 October 2018

Sweet Home

 

12 October 2018

Les Amours



— N'essaye pas de me faire croire que tu vas lire çà, hein ?!?

Mauvais temps

 

01 October 2018

Fortunate Fool


30 September 2018

Accumulation

 

Inaction







— Et maintenant, qu'est-ce qu'on fait ?

29 September 2018

Sans efforts

 Accéder au confort ? Rien de plus facile : se vautrer dans la conformité avant que les portes du jardin de La Consommation ne soient à jamais fermées.

28 September 2018

Disjonction

 Toutes les sociétés, qu’elles soient monothéistes ou polythéistes, pensent que la mort n’est pas la fin de la vie : après la mort, la vie continue sous une autre forme. C’est un invariant de toute culture. La mort, dans toutes les sociétés, est une disjonction : quelque chose se sépare du cadavre. Si c’est une disjonction, alors, la mort ne s’oppose pas à la vie mais à la naissance, qui est, elle, une conjonction : pour les religions, l’âme est alors introduite par Dieu dans le fœtus. Or, c’est totalement contre-intuitif : personne n’a jamais vu une âme entrer ou sortir d’un corps ! C’est de l’imaginaire, la construction d’une pensée spéculative. Mais ces formidables créations spéculatives donnent de l’architecture, de l’art, les rapports sociaux, des cosmo-sociologies, les castes indiennes, les initiations des Baruya, le dalaï-lama. Reconnaître le caractère spéculatif et imaginaire d’une partie du réel, c’est devenir un philosophe critique.
Maurice Godelier, Entretien, Libération, 28 septembre 2018   

25 September 2018

Speaking Sonar


23 September 2018

Automne

 Prévisions : Sunny. High 33C. Winds W at 15 to 30 km/h. Les conditions climatiques actuelles sont insupportables. L'automne astrologique à eu lieu cette nuit à 01:54 AM. Mais, pour l'instant, rien n'annonce la disparition prochaine de cet épouvantable été.

19 September 2018

Soupe

Nous nous préparons notre propre malheur comme une soupe répugnante et, une cuillerée après l'autre, nous la dégustons insatiablement.
Thomas Bernhard, Simplement compliqué  

13 September 2018

Repassage

 

12 September 2018

Généalogie

 

11 September 2018

Dessin









Quand vient la nuit, Saki & moi, nous redessinons le monde.

09 September 2018

09.09

 

08 September 2018

06 September 2018

Chèvres

 Il n’y a pas beaucoup de chèvres qui grimpent aux arbres, mais il existe quelques trompe-la-mort au Maroc qui partent à l’assaut de ce genre de hauteurs pour aller croquer les délicieux fruits de l’arganier. Elles vont parfois se percher jusqu'à dix mètres de hauteur. Elles seront ton animal fétiche pour les semaines à venir. Je pense que tu es prêt à partir en quête de quelque trésor. Tu possèdes désormais la souplesse d’âme nécessaire pour passer au niveau supérieur.
L’horoscope de Rob Brezsny  

03 September 2018

Changer nos vies

 L'équinoxe aura lieu le 23 septembre à 01:54:05 AM UTC. Vingt jours à patienter pour enfin quitter l'été. L'été le plus pourri que j'aurais eu à vivre au cours de cette putain d'existence. J'en ai parlé, ce matin, avec Saki. Nous sommes d'accords : ils nous faut encore changer nos vies, des vies jusqu'alors inadaptées aux réalités putrides du quotidien dans lesquelles nous ne cessons de nous engluer. Nous sommes encore bien trop tournés vers le monde et le monde sent de plus en plus mauvais. Nous ne nourrissons pas l'illusion à la con, celle qui consiste à pousser un tas de bourrins à croire qu'ils sont en mesure de transformer le monde selon leurs désidératas en usant de leur misérable volonté. Saki et moi, nous savons depuis toujours qu'il nous faut nous garder de cette illusion à la con. Nous devons suivre la seule voie salvatrice possible : nous tenir à distance, loin de ce monde mortifère. Nous éloignerons donc encore plus des lieux où s’agglutine la misérable engeance humaine. Saki m'a conseillé de n'alimenter qu'un blog ou deux et de ne plus me mouiller les boots dans le caniveau des réseaux sociaux. C'est désormais ce que je compte faire : réduire au maximum les interactions avec les quadrupèdes humains et redoubler de vigilance quand l'un d'entre eux passe à proximité. Ça ne me semble pas irréalisable, c'est une bonne décision. Reste à attendre l'automne.

Réveil

 Fin des désillusions.

31 August 2018

Perfection

Il faut aussi avoir atteint la perfection de l'animal pour devenir parfaitement humain.
Friedrich Nietzsche, Fragments posthumes sur l'éternel retour  

25 August 2018

Toshiba

 

Nos jours

Aussi rapides que l’eau du fleuve ou le vent du désert, nos jours s’enfuient. Deux jours, cependant, me laissent indifférent : celui qui est parti hier et celui qui arrivera demain.
Omar Khayyām   

14 August 2018

04 August 2018

20 July 2018

Bidart





 

14 July 2018

Le mensonge

 Le mensonge le plus courant est celui que l'on se fait à soi-même ; mentir aux autres est plutôt l'exception.
Friedrich Wilhelm Nietzsche   

05 July 2018

L'été



— L'été, ça dure combien de temps ?



— Ah, wouais ?!? Si longtemps... Quelle misère !

02 July 2018

La lucidité

 La lucidité, ça n'a jamais fait de bien à personne. Ça rend la vie encore plus difficile.
Raymond Carver   

30 June 2018

Sans but

 Vivre « sans charge et sans but », c'est-à-dire vivre à la manière de Pessoa, parce que c'est certainement la seule existence que l'on puisse envisager. Soit une vie qui se tient en marge de toutes les passions.

Mémoire

 Dernière heure du mois de juin. 30 jours sans relief. Une période qui ne marquera sûrement pas nos mémoires en profondeur. Ce qui n'est peut-être pas si regrettable, sachant que les marques les plus mémorables sont aussi les plus douloureuses. C'est pourquoi, Saki et moi, nous n'attendons pas plus, pas moins des jours à venir. Tout ce que nous souhaitons, c'est de vivre le plus sereinement possible.

29 June 2018

Places

 La nuit tombe. Les pigeons se sont calmés après s'être longuement disputés pour que chacun puisse avoir sa place sur le balcon. C'est ainsi tous les soirs. Saki se réveille et réclame un sandwich.

28 June 2018

Hippy



 Ainsi que je le prévoyais, le dimanche 17, j'ai rapidement créé un nouveau Tumblr, "L'impossible retour", que j'ai tout aussi rapidement laissé de côté, pour en créer un 17e, "No soy hippy", le lundi 25. Hier, avec la précieuse collaboration de Saki, j'ai fabriqué un logo et travaillé le template de ce dernier Tumblr. Ensuite, j'ai fouillé, presque au hasard, mes archives photographiques dans le but d'alimenter "No soy hippy". J'ai post-produit les quelques images choisies et je les publiées. Comme cette entreprise s'éternisait, Saki a commencé à s'en détourner pour faire le pitre sur le bureau. Saki, petit hippy...

25 June 2018

Patience

 Entre deux matchs de foot, cette putain d'engeance formée par le voisinage se livre à son passe-temps préféré : le bricolage ! Saki et moi, nous attendons juillet non sans impatience sachant que cette maudite race mâtinée de sportifs et de bricoleurs sera poussée à déserter la résidence pour s'engager dans ce qu'elle considère comme l'activité culturelle suprême : le voyage ! Bien sûr, cette sale race se défend de faire du tourisme et prétend à je-ne-sais-quoi pour s'absoudre de cette vulgaire activité. Toujours est-il que le voisinage ira, pendant quelques semaines, se pavaner ailleurs. Alors, Saki et moi, nous nous sentirons soulagés de cette désagréable promiscuité et peut-être plus enclins à écrire une prose assez convenable ou peut-être même à versifier sur l'inestimable bonheur de vivre. C'est ça, oui...

Météorologie



 Me voici condamné à parler de la pluie et du beau temps, puisque depuis quelques jours ma cervelle, pourtant bien faite, tourne à vide. Le printemps passé l'aura totalement lessivée, et même stérilisée en vérité. Refaire de ma tête un jardin fertile va me demander pas mal de temps. Ecrire, de nouveau, à des niveaux d'un intérêt supérieur aux bulletins météorologiques me semble aujourd'hui bien au-dessus de mes forces. Il va me falloir fournir pour cela de violents efforts.

24 June 2018

Au lit !

 Saki m'a rejoint en se couchant sur le bureau, comme en début de soirée. Il attend patiemment que je coupe l'alimentation du PC, soit le signal qui annonce le moment de se mettre au lit. C'est ce que je m’apprête à faire, puisque je n'ai vraiment rien à dire. Au lit, Saki !

Publications

 J'aurais battu des records de publication sur Disjonctions, en ce mois de juin, puisque 15 billets précèdent celui-ci. Au cours du mois de juin 2017, sur Mauvaises Herbes, 13 publications. En juin 2016, rien sur Blogger. 2016 n'aura pas été une année faste pour le blogging, activité étrange, mal famée à laquelle je ne parviens pas à renoncer.

23 June 2018

En roues libres



 Vers 10 AM, alors que le crépuscule s'installait, plongeant le #205 dans la pénombre, Saki m'a demandé à quoi nous allions passer la soirée. Je n'ai su comment lui répondre parce que je n'en avais aucune idée. Et, finalement, nous n'avons rien fait de particulier, sinon prendre ensemble un repas et passer un moment à jouer. J'ai, ensuite, rapidement travaillé une photographie avec ON1 Effect 10 que j'ai publiée sur Traverses : quatre chats font la sieste. Cette prise de vue date du 05 mai 2018, presque deux mois, maintenant. Rien de plus...

21 June 2018

Été



 Premier jour de l'été. Se préparer au pire, sans perdre de vue que l'automne viendra.

16 June 2018

Méditations

 

The Lions

THROW THEM TO THE LIONS turned 7 today!
 Je pense depuis quelques jours déjà à ouvrir un nouveau microblog sur Tumblr, afin d'entamer un nouveau cycle et de me détacher ainsi du passé récent, c'est-à-dire de la période qui a débuté au début de l'année 2016 et qui se traîne misérablement jusqu'à aujourd'hui encore.

13 June 2018

Crépuscule



 Quand l'envie de publier un nouveau billet se fait jour en moi, mais que je n'ai rien de précis à écrire, la difficulté la plus importante est d'inscrire les premiers mots. Les premiers mots tracés, généralement, les autres suivent sans qu'il soit nécessaire de trop torturer ma cervelle. Ce soir, je tenais à mettre en ligne une image, faite dans l'après-midi : la vue que j'ai depuis le bureau avec, en contre jour, Saki, mon alter ego, qui scrute le ciel blême dans lequel filent les goélands portés par un fort vent du Nord. A l'heure où j'écris, le soleil est couché, la nuit n'est pas loin et les goélands hurlent dans le vent sous un ciel bleu-cyan presque éteint, maintenant. Sur le bureau, près de moi, Saki s'est paisiblement endormi sur l'un des T-shirts qui ont séché dans la journée. Un T-shirt en coton de couleur grise délavée que je n'ai ni plié ni rangé avec les autres puisque Saki trouvé cette pièce de tissu défraîchie très confortable.

11 June 2018

Orage

 Cet après-midi, suite à un orage — un de plus —, Le Lez a débordé. La ville est, ce soir, en partie inondée. Pendant deux heures, environ, nous n'avons pas eu d'électricité, soit l'opportunité de ne pas rester scotché face à l'écran du PC. Loin du Word Wide Web, Saki et moi, nous avons fait une longue sieste bercés par le bruit de la pluie tombant drue sur le feuillage des arbres qui montent jusqu'à nos fenêtres. Un paisible après-midi, comme nous devrions en passer plus souvent.

10 June 2018

Pat-Pat



 Pat-Pat, tu nous manques. Nous ne t'oublierons jamais.

09 June 2018

La règle de conduite

 Dans un monde qui se compose pour les cinq sixièmes au moins de coquins, de fous et d’imbéciles, la règle de conduite de chaque membre du sixième restant doit être de se retirer d’autant plus loin qu’il diffère davantage des autres, et, plus loin il se retire, mieux cela vaut pour lui.
Arthur Schopenhauer, Fragments biographiques   

Crush


Coup sur coup

 Invisible & Ineffable turned 7 today! | CAPRICORNE turned 7 today! | Vues des Anges turned 7 today! Soient trois messages consécutifs émis par Tumblr et reçus à l'instant. Je ne me souvenais pas avoir ouvert, coup sur coup, dans la journée du 09 juin 2011, ces trois micro-blogs. Je me demande ce qui avait pu m'inciter à un tel acte. Un long passage à vide ou un terrible orage, peut-être...

Explication de texte

 J'ai écrit le texte publié dans le billet qui précède avec l'intention de l'afficher dans une nouvelle rubrique sur Traverses. J'ai ensuite renoncé à la publication de ce texte sur le site, parce que des textes comme celui-ci ne disent finalement rien. Rien pour moi, depuis longtemps déjà, étant donné que la représentation du monde, telle qu'elle y est décrite, c'est-à-dire telle que je la perçois, n'a pas évolué, sinon en s'accentuant vers le pire. Ce texte ne dira rien non plus à ceux qui ont une représentation du monde similaire à la mienne. Ceux-là n'apprendront rien de particulier. Et, surtout, ce texte ne dira absolument rien à ceux qui refusent de porter une regard objectif sur le monde et font tout pour se dissimuler la réalité. Comme ces derniers représentent l'immense majorité, aucun individu psycho-logiquement en phase avec cette majorité ne sera sensible à un tel texte qui, de plus, n'est pas bon, trop caricatural, même pour son auteur — moi en l'occurence. Laissons tomber...

07 June 2018

Nouvelles Traverses

 Nous allons tenter de prendre de nouvelles traverses, car les traverses précédentes ne nous pas conduits bien loin. Nous sommes restés, 9 mois durant, embourbés, prisonniers de la Zone d'où, malgré nos efforts, nous n'avons pu échapper. A l'heure qu'il est, nous ne nous faisons que très peu d'illusions puisque nous savons qu'il n'y a presque aucune chance que les plans d'évasion que nous sommes mentalement en train de dessiner puissent un jour nous conduire vers un territoire au sol fertile sur lequel pourrait se développer les germes d'un idéal que nous nommons Liberté, sans que nous puissions clairement entrevoir ce que cette dénomination signifie, sinon probablement l'illusion des illusions. Oui, à bien y penser, la Liberté est l'illusion de toutes les illusions qui, au fil du temps, parasitent notre cervelle bien trop mal adaptée pour survivre paisiblement dans un monde aussi dévasté, délabré que le monde actuel.



 Pour survivre souriant, tranquillement, béat, de nos jours, il nous faudrait, comme l'immense majorité des quadrupèdes humains, être dans l'attente de la prochaine Coupe du Monde de foot, ou d'un voyage en amoureux vers n'importe quelle destination à la con, et d'une montagne de stupidités de ce genre. Car, tous les bourrins de la planète souhaitent, un timide sourire aux lèvres, les yeux levés au ciel qu'advienne « un heureux événement ». Et des « rêves », comme ceux-là, les crétins n'en manquent pas. S'ils venaient à en manquer, la Civilisation est largement prête à leur en fournir, pour presque rien, une somme modique. Ils n'auront qu'à courber l'échine pour travailler, engranger de la thune, veiller sur leur budget et surveiller de près les offres, pour, finalement, se jeter ventre à terre, carte bancaire en main, sur le meilleur, le plus beau des « rêves » proposés. Bien entendu, les mieux éduqués — les mieux intégrés, les plus soumis, en réalité — seront tentés de se dissimuler cette sombre réalité faite de comportements qu'ils perçoivent parfois comme relativement honteux, des attitudes révélant leur avidité pour d'ignobles plaisirs et leur négation permanente de l'idée de la mort, summum de l'horreur, de la terreur pour le vaillant bricoleur et embellisseur de vie placée sous l'enseigne du Paradis sur Terre pour pas cher — cartes de fidélité offertes par la maison. Nous, nous n'avons pas suivit les mêmes routes et autoroutes cartographiées, balisées, sécurisées, qu'eux — citoyens travailleurs, bricoleurs, voyageurs, gastronomes, économes, sportifs et productifs. Nous, nous avons pris les sentiers, les pistes, les chemins de traverses… Quelle vie de merde !

Un homme obscur

 Par les chemins cachés d’une ville, à une heure trouble, par certaines routes prisonnières dans le filet des bruits, comme un dessin se perd dans l’orchestre, un homme obscur, un homme invisible avance et pense, vers un quartier calme où sommeille un parc.
Léon-Paul Fargue, Poèmes  

04 June 2018

Sieste





 — J'ai sommeil. Laisse-moi dormir, stp...

02 June 2018

Sun or Mountain

31 May 2018

Rien



 Rien à dire, rien à écrire, donc. Seulement l'envie de déposer une marque, une empreinte. Soit le dernier billet de ce mois de mai. Très peu de mots pour tourner le dos au passé, tout comme Saki tourne le dos à la caméra qui ne l'intéresse pas. Mieux vaut observer le vol des oiseaux qui dessinerons dans le ciel orageux les signes qui parleront de l'avenir absolument incertain. Mais incertain seulement pour qui ne suit pas du regard le vol des goélands qui ondulent dans le vent.

30 May 2018

Ma pensée

Ma pensée, une fois dite, n'est plus
Ma pensée. Fleur morte,
Elle flotte dans mon rêve, attendant
Que le vent l'emporte,
Que l'éloigne le courant, le sort extérieur.
Si je parle, je sens
Que je cisèle avec des mots ma propre mort,
Que je mens de toute mon âme.
Ainsi, plus je parle, plus je me trompe
Et plus je me façonne
Un être nouveau, postiche, que j'ornemente
D'être mien.
N'étant plus que pensée, je m'écoute, j'habite,
Et c'est déjà une manière de parler.
Mon dialogue intérieur lui-même est division
Entre mon être et moi.
Mais c'est lorsque je donne à ce que je médite
La forme et la voix de l'espace,
Qu'un lien que j'ai brisé ouvre entre moi et moi
Un abîme infini.
Ah, que ne puis-je avoir en moi-même avec moi
La parfaite concordance,
Le silence intérieur délivré des distances
Qui me séparent de ce que je dis !
Fernando Pessoa in Cancioneiro, 1988  

24 May 2018

Over You


23 May 2018

Par instinct de conservation

 Longtemps nous ne voyons qu'un côté d'une personne parce que, par instinct de conservation, nous ne voulons pas voir l'autre côté, pensai-je, jusqu'au moment où, subitement, nous voyons tous les côtés de cette personne, et, alors, nous sommes écœurés, pensai-je.
Thomas Bernhard, Des arbres à abattre, p.169  

18 May 2018

Immuable



 365 jours par an, se dessine sous mes yeux un paysage qui n'est certes pas immuable, particulièrement en raison des saisons, mais qui, dans sa forme la plus générale, reste le même au fil du temps. 365 jours par an, à des instants divers, mon regard se pose sur une étendue faite de béton et de végétation, un espace traversé régulièrement par le soleil et la lune, les nuages, la pluie et, parfois, les éclairs, ainsi que par les oiseaux, les hélicoptères et les avions, sans oublier quelques lambeaux de plastique ou de papier lorsqu'il y a beaucoup de vent. De temps à autre, d'effroyables silhouettes humaines déambulent un moment sur les balcons, puis disparaissent vers l'intérieur des bâtiments — frissons d'horreur.

09 May 2018

Turbulences



 Le crépuscule s'est produit sous un ciel orageux. Le mois de mai a débuté sous le signe de l'instabilité. Nous sommes entrés dans la zone des turbulences. Seul Zeus sait combien de temps nous devrons y rester.
La vérité, comme la lumière, aveugle. Le mensonge, au contraire, est un beau crépuscule, qui met chaque objet en valeur.
Albert Camus, La Chute, 1956  

07 May 2018

Aspirateur



 Je savais que je me tuerai inutilement à passer l'aspirateur dans tous les coins et recoins de l'appartement. Opération vaine qui n'a en rien évité la catastrophe prévisible, sinon pendant les premières 24 heures. Ensuite...

27 April 2018

Horreur

 Je suis le passeur d'aspirateur.

23 April 2018

Pat-Pat



 C'était un vendredi, il y a 8 ans, aujourd'hui. Pat entrait alors timidement, pour la première fois, au #205 où il trouvait refuge après avoir été soigné d'une grave infection à l'oreille. Quelques jours plus tard, totalement remis de sa blessure, Pat commençait à apprécier la vie au sein de l'appartement et le moelleux du canapé. Schnoo nous a rejoint 7 mois plus tard. Saki n'était pas encore de ce monde.


13 April 2018

Yo camino

 Sale période qui n'en finit pas. Sûrement pas la pire de toutes, mais celle qui charrie l'écume fétide des débordements précédents. Voilà, ce qui arrive quand on ne s'en tient pas aux décisions prises sans suffisamment de fermeté pour les accompagner. Mais, c'est ici, à cette heure-ci, que cette période entre dans l'immense Océan du Temps.
"Y pasa la vida igual que pasa la corriente / Cuando el río busca el mar / Y yo camino indiferente, donde me quieran llevar." ─ Pata Negra, Blues de la frontera

10 April 2018

09 April 2018

Tombes

 Un jour, peut-être, le beau temps reviendra. Cela écrit et en y repensant, je n'y crois pas vraiment. Qui pourrait croire sérieusement qu'il fera beau un jour sur ce maudit pays ? Saki en doute autant que moi. Les lendemains qui chantent sont comme les oiseaux : ils ont disparu sans que personne ne puissent savoir où ils sont partis se cacher pour mourir. Reste à creuser nos tombes profondes.

Stocks

 "Considerable cloudiness with occasional rain showers. High near 15C. Winds SE at 15 to 30 km/h. Chance of rain 50%." Avec un bulletin météorologique pareil, je ne sortirai pas du #205, aujourd'hui, ni demain d'ailleurs. Je n'ai pas bougé de l'appartement depuis samedi en raison des conditions climatiques et je n'en bougerai sûrement pas dans les jours à venir, jours au cours desquels les orages vont se succéder. Les réserves de croquettes et de petits pâtés pour Saki sont au meilleur niveau et j'ai suffisamment de café, de cigarettes, riz et de spaghetti pour tenir, sans sortir de notre antre, jusqu'à la Trinité.

125 BPM

 J'ai réglé le rythme de mon cœur au repos sur celui de Saki : 125 bpm. Nos cœurs sont désormais à l'unisson.

23 March 2018